La salle du chapitre

Ce chef-d’oeuvre de proportions et d’élégance constitue, du Moyen Âge au XVIIe siècle, le cœur de l’abbaye.
num1.png Le cloître num2_rouge.png La salle du chapitre num3.png Le scriptorium 

num4.png  Le chauffoir

num5.png  Le dortoir des moines

num6.png La sacristie num7.png L'église abbatitiale num08.png Aile XVlle

num9.png Le passage des moines

 

 

La salle capitulaire et le gisant

Chaque matin, après l’office des laudes (quand le jour se lève), le père abbé réunit les moines et toutes les grandes décisions concernant le monastère sont prises dans cette salle. 

C’est un superbe exemple d’architecture du Moyen Âge : de plan carré, divisé en 9 travées, ses voûtes sur croisées d’ogives s’appuient sur quatre colonnes centrales aux chapiteaux octogonaux en pierre de Bernay. 

La clé de voûte centrale est ornée d’une sculpture figurative représentant un agneau mystique ; cette représentation de l’agneau dressé, tenant l’étendard de la résurrection du Christ sera l’emblème du monastère. 

Trois baies en plein cintre percent chaque travée à l’Est alors que la salle s’ouvre à l’Ouest, côté cloître, sur la façade principale, par une porte centrale encadrée de deux baies géminées. 

Les deux fenêtres s’insèrent dans l’embrasure du mur présentant des coussièges qui permettent de s’asseoir et d’offrir une vue apaisante sur le cloître. Sur les arcs, quelques traces de peintures du XIVe siècle ont résisté au temps alors que les vestiges d’un banc de pierre sont parsemés sur trois des quatre côtés de la salle. 

Enfin, impossible de passer à côté du gisant de la reine Bérengère, fondatrice du monastère et décédée en décembre 1230, deux ans après que le roi Louis IX, par une charte établie en août 1228, ne lui fasse don d’un lieu près du Mans nommé l’Espau sur lequel fut fondé le 7 février 1229 la dite abbaye.

Le gisant de la Reine Bérangère

La Reine Bérengère meurt l’avant veille de Noël 1230 dans son palais des comtes du Maine à l’âge de 60 ans. Son corps est ensuite acheminé dans sa chère abbaye, mais l’abbatiale inachevée ne lui permet pas d’y être enterrée. Les religieux font sculpter sa pierre tombale (ou gisant) bien des années plus tard en la parant des signes distinctifs de sa qualité de Reine (couronne parée de fleurons et de cabochons sur sa tête, deux animaux : le chien, symbole de fidélité et le lion, attribut donné à Richard, son mari sont sculptés couchés à ses pieds, le livre de prières qu’elle tient entre ses mains d’un geste particulier et tendre pour évoquer sa fin de vie…). 

Son tombeau demeura dans la salle capitulaire pendant plusieurs siècles avant de connaître quelques revirements entre 1602 et 1988 où il revient sur son lieu initial après avoir été déplacé dans l’abbatiale (1602-1790), puis transféré à la cathédrale du Mans et de revenir enfin à l’Epau en 1970. La reine Elisabeth d’Angleterre vient s’incliner sur son gisant en juin 1984 avant qu’il ne retrouve enfin son emplacement initial dans la salle capitulaire en 1988.

Les pérégrinations du gisant

Si le corps de la Reine Bérengère fut retrouvé en 1960 dans la salle capitulaire, là où il fut primitivement déposé, son gisant de pierre, lui, fut des plus grands voyageurs. Il fit son entrée dans l’abbatiale en 1602, près de l’autel puis déplacé en 1672 au centre du chœur et y resta jusqu’en 1790. 

Devenu gênant compte tenu de l’usage de l’abbaye en exploitation agricole ensuite, le gisant et son socle sont déplacés et retrouvés sous un tas de blé. Le monument est finalement offert en 1821 par la propriétaire de l’abbaye de l’époque, Pierre Thoré, à la cathédrale du Mans où il est dressé dans le transept nord. Il est déplacé dans le transept sud en 1860 et y reste jusqu’en 1921. Il est ramené finalement à l’Epau, désormais restaurée, d’abord dans la chapelle des Rois où la reine Elisabeth d’Angleterre vint s’incliner en 1984. Elle émet à cette occasion le vœu que les époux Bérengère et Richard soient réunis à Fontevraud après tant de siècles de séparation. 

Le gisant de Bérengère est finalement déplacé mais dans la salle capitulaire de l’Epau, à son point de départ en 1988 où il y est encore.